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| Le porte-avion USS Enterprise (US Navy) |
« Il y a toujours eu des navires de la marine américaine dans la mer méditerranée ». Un conseiller politique à l’ambassade américaine de Paris relativise l’importance des mouvements de la flotte américaine aux abords de Tripoli. Le Pentagone a pourtant indiqué lundi dernier qu’il étudiait « plusieurs plans possibles […] afin d’avoir la flexibilité nécessaire une fois que les décisions auront été prises ». Il faut être prêt à l’usage de la force. Le porte-avion nucléaire USS Enterprise a abandonné la chasse aux pirates somaliens et croise depuis quelques jours en direction de la Libye, avec d’autres navires de guerre américains. « La prudence requiert qu’ils se rapprochent d’une zone de crise lorsqu’il y a des tensions », explique-t-on à l'ambassade.
L’évacuation des ressortissants américains est « difficile et continue à être problématique », concède le diplomate. « Nous avons fermé notre ambassade et évacué le personnel diplomatique. Dans ce contexte, il est plus prudent d’avoir des éléments militaires de sécurisation à proximité », poursuit-il.
« Nous sommes prêts à intervenir »
A l'ambassade américaine, on n’hésite pas à parler de « crise humanitaire », des dizaines de milliers de personnes cherchent à rejoindre la Tunisie. « Les militaires américains sont très efficaces pour répondre à ce genre de crise. Si le président Obama nous le demande, nous sommes prêts à intervenir. »
Etablir une zone d’exclusion aérienne au dessus de la Libye est une option envisagée par la communauté internationale. Cette mesure interdirait de fait tout mouvement de l’armée de l’air Libyenne et permettrait aux chasseurs américains de contrôler la zone. Même si à Paris, les diplomates américains disent « ne pas avoir connaissance d’une intervention militaire en préparation », on connaît plus le USS Enterprise et ses chasseurs F-14 pour sa force de frappe militaire que pour ses opérations humanitaires.
Chercher le consensus semble être le principal souci de Washington. « Les Etats-Unis n’ont pas l’intention d’agir unilatéralement, même si toutes les options sont envisageables pour la Libye », estime un diplomate. Isolant un peu plus le régime Libyen, la Cour Pénale Internationale (CPI) a jugé lundi dernier par la voix de son procureur général Luis Moreno-Ocampo que les violences perpétrées par les militaires sur les populations civiles pourraient être qualifiées de « crimes contre l’humanité ».
Jean-Charles Guichard

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